J'ai recommencé à visiter des blogs que je déteste (pur sadomasochisme?). Je ne sais pas trop comment je suis tombée sur le premier, ça devait etre l'année derniere, pendant les présidentielles, quand les blogs anti Ségolène Royal florissaient. C'était vraiment interessant de voir comment on attaquait cette femme. Au fil des critiques, meme de faible qualité intellectuelle, se dessinait l'image d'une dirigeante que l'on voulait faire passer pour une Bécassine. Je trouve ça étonnant quand on parle de quelqu'un qui a quand meme fait l'ENA. Quelquefois, j'aimerais qu'il existe encore de grands philosophes ou de grands penseurs politiques (ce n'est pas que Finkielkraut me saoule mais presque) pour recentrer le débat. Aujourd'hui, tout le monde a le droit de poser ses mots sur une page internet visible de tous et d'exposer ses théories les plus farfelues avec le plus grand aplomb, sans qu'un réel échange d'idées ne soit possible. Internet nous permet de nous comporter en maitres absolus. Sur ces pages, c'est moi qui décide de ce qui est vrai ou non, ainsi si je vous dis qu'Hitler est mort en mangeant un muffin et que quelqu'un ose me contredire, je vous répondrai que je suis ouverte à la discussion, mais que de toute façon c'est inutile puisque je ne changerai pas d'avis (sourire mièvre).
J'ai un certain type de blogs en tete en écrivant ces lignes. Je ne sais pas si c'est là encore "l'effet présidentielle" mais j'ai l'impression que désormais tout le monde a un avis catégorique sur tout ce qui touche à notre chère Patrie, la France. Au début, je me tapais des francs fous rires en voyant des articles limites "Napoléon jte kiffe à mort", et puis c'était nettement moins rigolo quand je tombais sur des articles betes, intolérants, et surtout très bornés.
Je ne sais pas si c'est un problème (je suis sure que c'est un crime méritant au moins la peine de mort pour certains), mais je ne me sens pas Française. Et meme des fois, quand je vois tous ces peignes-culs fanatiques, je ne supporte pas d'avoir ce lien de nationalité avec eux. L'autre jour, à mon oral d'anglais, mon examinatrice m'a dit qu'elle trouvait que les Français avaient un probleme avec le racisme. Et c'est vrai. Au Etats-Unis, meme si ce pays est loin d'etre parfait, ils ont eu un débat sur les races (le mot "race": jamais on ne l'emploie en France. Pudeur? Je dirais plutot qu'on se voile la face) avec la candidature d'Obama. On devrait faire la meme chose. Aujourd'hui, on fait semblant que tout va pour le mieux dans le meilleur des pays possibles, que tout le monde est intégré. On refuse de reconnaitre notre diversité et par là meme nos inégalités. Qui sait combien ya il exactement de noirs en France? Personne, parce qu'aucun sondage demandant d'indiquer la "race" n'est fait. Résultat, aucune étude concrete ne peut etre menée sur des discriminations et inégalités effectives.
J'ai un peu dérivé de mon sujet. Je crois que je me heurterai toujours à la betise, crasse, des gens. A leur sentiment de supériorité, à leur égoisme et leur intolérance. Il y a toujours des mini-Dieux, persuadés de détenir la Vérité supreme. Il n'y a rien de plus exaspérant que les gens qui ont des convictions inébranlables. Ces gens là doivent avoir un sacré problème avec la Justice parce qu'ils passent leur vie à décreter ce qui est bien ou mal: comment tu dois t'habiller et quelle orientation sexuelle tu dois avoir et quelles sont les choses sur lesquelles tu peux t'indigner ou non et pourquoi la Patrie est grande, et meme magnifique, et pourquoi tu n'as pas le droit de critiquer la PATRIE. Je pourrais facilement relier ça à l'anarchisme, qui pour moi est un idéal politique, mais tellement galvaudé... C'est limite si je n'ose plus le dire quand on me pose la question. Trop la flemme d'expliquer pour rien. Alors je dis, "je suis de gauche" et ça marche à tous les coups: j'ai soit une réflexion sur les "sales communistes", soit sur "cette conne de Ségolène Royal". C'est usant à force. Je me demande si un jour ils comprendront que le monde n'est ni tout blanc, ni tout noir, et que la Vérité (si elle existe), n'existe que dans la nuance et le compromis... dans les teintes de gris quoi.
Le fascisme, écrit J. Litell, est contre « tout ce qui coule », l'humide, le mou, le flasque, le grouillant; et doit évidemment ériger tout ce qui bande: le sec, le dur, le mat, le limpide. Ce que je veux dire par là, c'est que les idéologies ou discours politiques qui nous invitent à l'ordre, à la stabilité, à la droiture (travail, famille, phallocratie quoi ^^) et accessoirement à l'amour indéfectible pour la patrie sont pour moi des abérations. J'attends le jour ou quelqu'un me dira que non, tout n'est pas toujours rationel et organisé, que le monde est perpétuel changement, que tout coule, et que c'est ça qui est beau.

